De jardins et de bonne bouffe

À Ottawa, où je passe la majorité de mon temps, on trouve plusieurs jardins communautaires. Ici, contrairement à d’autres villes, il s’agit d’un concept relativement nouveau; l’an dernier, le Community Gardening Network a célébré son 20e anniversaire.

Je publie régulièrement des articles dans le cadre d’une chronique sur l’alimentation et j’ai récemment dressé le portrait des jardins communautaires à Ottawa . Ailleurs dans le monde tel qu’au Royaume-Uni, les jardins collectifs ont réellement débuté durant la Seconde Guerre mondiale en raison de la grande insécurité alimentaire causée par l’urbanisation, l’instabilité économique et la guerre. C’est ainsi que le gouvernement a lancé la campagne “Dig for Victory” afin d’inciter les gens à produire leur propre nourriture à l’intérieur même de la ville.

Le Conseil des politiques alimentaires d’Ottawa – au sein duquel je siège – prend à coeur le développement d’un système alimentaire durable et, en ce sens, encourage les résidents à jardiner. Nous tentons de sensibiliser les élus et les institutions au fait que les décisions politiques devraient se prendre en considérant les systèmes alimentaires, de façon holistique. Qu’il s’agisse de jardinage en pots ou collectif ou d’élevage d’abeilles ou de poules, le fait de manger les fruits de notre labeur est avantageux d’un point de vue non seulement environnemental mais aussi de sécurité alimentaire, de santé ou de littératie alimentaire.

D’un point de vue personnel, mon conjoint et moi cultivons des fruits et légumes depuis maintenant quelques années. Nous avons commencé sur ce qui était jadis le balcon de notre appartement pour ensuite bâtir des bacs dans la cour de notre petite maison pour finalement louer un petit terrain d’un producteur local, devenu depuis un client. Bien que j’admette ouvertement ne pas toujours avoir la patience, je dois dire que l’expérience de faire pousser nos propres légumes a été très enrichissante. Découvrir des semences, apprendre sur les variétés indigènes, regarder les légumes pousser (ou non!), procéder à des expérimentations, manger les produits les plus goûteux que nous ayons mangé, rien ne bat ça! Avez-vous déjà vu un plant de choux de Bruxelles?!

Il était une fois… l’époque où nous produisions notre propre nourriture!

Si je vous raconte tout ça, c’est que pour moi, le processus de produire de la nourriture est une histoire en soi. Nous pensons beaucoup à manger, voire à cuisiner mais très rarement réfléchissons-nous à la production de la nourriture et à son cheminement de la ferme à l’assiette. Le plaisir de manger n’est-il pas quintupler lorsqu’on sait d’où nos aliments proviennent, comment ils ont été produits et par qui? Pour moi, il n’y a pas de doute. Lorsqu’on fait son épicerie, l’étiquette mentionnant le pays d’origine ou portant le sceau du commerce équitable nous raconte une partie de l’histoire. Imaginez tout ce que vous pourriez savoir et partager si tout débutait dans votre propre jardin!

Le jardinage n’est pas qu’un passe-temps mais une occasion de se reconnecter avec la nature, d’apprendre, de partager et de manger des délices. Et si la littératie alimentaire n’a jamais été aussi présente dans le discours public, ça commence avant tout à la maison. Réfléchissez-y une minute. Vous rappelez-vous lorsque vous observiez Grand-Papa prendre soin de ses tomates ou aider Maman à faire une tarte avec les pommes fraîchement ramassées dans le pommier? Ça remet les choses en perspective. Savoir d’où notre nourriture provient, comment elle est produite et comment la cuisiner. C’est tout ce que ça prend. Car au bout du compte, ça nous ramène aux relations bâties autour d’un bon repas partagé avec nos êtres chers.

Chez The Storyteller, nous sommes heureux de travailler avec des fermiers de famille, restaurateurs et organismes qui ont à coeur l’alimentation des gens, la santé de nos terres agricoles et la viabilité financière de nos producteurs agricoles.

 
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